Durant mes expositions, on me pose souvent des questions : pourquoi tu peins des corps ? D’où ça vient ? Et la question à laquelle je n’aime pas répondre (parce que d’après moi elle ne se pose pas vraiment) : as-tu une attirance sexuelle pour les corps nus que tu dessines ?
Voici mon histoire (tum-tum..)
Les prémices d’une recherche graphique.
Déjà, je suis méditerranéenne. J’aime qu’on me serre dans les bras, la chaleur, la bonne nourriture, les paroles crues et l’amour familial. Depuis que je dessine, je cultive une réelle fascination pour la représentation des corps et pour les couleurs vives.
A l’école, je réalisais des portraits de mes amis en classe et au lycée démarrait ma recherche graphique autour de la peau au pastel – sur le sujet « souvenir culinaire », j’avais fait des corps. Oui, bon.
Lors de mon Diplôme de Métiers d’Art (DMA) mosaïques et fresques à l’école d’art et d’arts appliqués Olivier de Serres, c’est dans les reproductions des fresques de Michel Ange que j’ai trouvé la passion que j’entends retranscrire dans mes peintures : les torsions, les saisies, la danse. Ensuite, j’ai voulu apprendre des trucs et j’ai dévié sur un parcours juridique.
Durant mes études de droit, réduite à la taille d’un bureau, j’ai été poussée à peindre sur petit format, avec de petites peintures qui sèchent vite.
J’ai apprivoisé la technique de l’aquarelle (que je détestais, à la base) et en ai fait ma meilleure alliée.
Le besoin de faire le vide, de me défaire de mes révoltes anxiogènes (notamment durant le confinement lié à l’épidémie de Covid-19 en 2020), m’ont poussée à orienter mes peintures vers des représentations d’amour et de bienveillance.
A la conquête des corps en étreintes.
A l’aquarelle, je souhaite proposer une vision des corps vibrante, aux couleurs vives pour retranscrire les émotions indépendamment de la forme, de la couleur, de l’âge ou du sexe du corps représenté.
J’ai longtemps peint pour plaire, pour impressionner.
C’est isolée et écartée de tout contact, que j’ai ressenti le besoin de le peindre les corps et les émotions qui me manquaient, sans me soucier d’un résultat hyperréaliste.

Moi qui ai toujours eu tendance à vouloir tendre vers la copie conforme, j’essaie de désapprendre pour aller vers un expressionnisme des instants. J’exploite la vitesse, la liberté de l’eau, les transparences de l’acryliques, la brillance, les gros coups de pinceaux comme une étude du lâcher prise.
Accepter les imperfections, c’est tout l’enjeu du travail de l’aquarelle et de l’analyse d’un corps. L’apprentissage qu’on en tire est par la suite transposable à tous les médiums qu’on utilise.
La beauté réside dans les « défauts techniques » issus de la liberté de l’eau et de la saturation des pigments : quand elle déborde, qu’elle fusionne avec un ton clair, une ombre imprévus.
Mon sujet principal est bien sûr le corps humain, ses étreintes et les émotions qu’il dégage, mais je m’intéresse toujours plus aux villes, paysages, et aux petits détails du quotidien.
Tableaux à la peinture acrylique
Peintures murales diverses – décoration d’intérieur
